[ARTICLE] Booster la mixité en entreprise : une affaire de transformation

2019-03-07T10:25:44+00:006 mars 2019|
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Depuis la mise en oeuvre de l’index d’égalité salariale femmes – hommes le 1er mars 2019, c’est au tour des entreprises de rectifier l’équilibre paritaire en s’attaquant à l’écart entre les revenus des français et celui des françaises. Une étude de la Fondation des Femmesappuie la mesure : 89% des sondés sont pour l’obligation salariale d’égalité femmes – hommes. En revanche, les racines de cette disparité méritent elles aussi l’attention des décideurs. Quel est l’état du sexisme au travail aujourd’hui ? Quelles sont les zones d’ombre qui méritent l’attention des entreprises pour favoriser plus de mixité ?

C’est à ces questions qu’a tenté de répondre 2Spark en proposant via son application un challenge** ouvert à tous. Le but premier était de sonder les participants sur leurs connaissances. Le second, plus ambitieux était d’encourager davantage d’engagement sur ce sujet de la mixité. Ne l’oublions pas, l’égalité des sexes au sein des entreprises est bien une affaire de conduite du changement des moeurs, et des idées reçues, qui concerne tout un chacun.

Identifier les inégalités professionnelles

Voilà une semaine que les entreprises d’au moins 1000 salarié.e.s sont obligées de publier leur index de l’égalité femmes-hommes. Les sociétés soumises à ce barème au score inférieur à 75 sur 100 se verront dans l’obligation de ré-équilibrer la balance sous trois ans, sous peine d’une sanction financière.

Le ministère du Travail s’est basé sur les 5 indicateurs suivants :

  • Écarts de salaire à poste et âge comparables
  • Augmentation de salaire
  • Promotions
  • Augmentation de salaire au retour du congé de maternité (si une augmentation est constaté parmis leur pairs pendant leur absence)
  • Présence de femmes dans les plus hautes rémunérations de l’entreprise

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C’est effectivement un des enjeux majeurs de la mixité au travail, selon la série de rapports “Women Matter” de McKinsey, porter les femmes à des postes de direction augmenterait la rentabilité des capitaux employés de près de 40 % !

Pour clarifier, en France il s’agit d’un écart général de salaire de 24 % et d’un écart résiduel de 9 % à travail égal, ce qui signifie qu’il y a une zone d’ombre à explorer. On peut supposer l’origine de ce dernier chiffre inexpliqué par plusieurs freins à l’égalité des salaires :

  • La présence moindre de femmes dans les grandes entreprises où la rémunération est supérieure
  • La part de jeunes salariées dans des secteurs historiquement dominés par les hommes
  • Les disparités qui s’accroissent au fur et à mesure que les salaires augmentent
  • La difficulté psychologique qu’éprouvent plus les femmes à négocier une augmentation.

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Ces facteurs mettent en doute la transparence de l’écart salarial et seraient à l’origine des indicateurs utilisés dans l’index calibré par Muriel Pénicaud, Ministre du Travail.

Au sein de la masse salariale, ces indicateurs restent souvent incompris. Le challenge 2Spark a révélé les lacunes de connaissance sur le sujet par hommes et femmes confondus. Le faible taux d’appropriation initial de 38%, a bondi à 89% à la fin du challenge, grâce au système itératif de l’application. Ce qui montre que la prise de conscience et une compréhension plus approfondie assurent une transformation dans le temps.

Reconnaître le sexisme au travail

Selon une étude IFOP, 1/3 des femmes ont déjà connu le harcèlement au travail du fait de leur genre. Mais contrairement à ce que l’on pourrait penser, les hommes sont autant concernés que les femmes par le harcèlement. 

Le Challenge 2Spark a réuni plus de participantes femmes que d’hommes, mais la part d’engagement de ces derniers au travers des diverses étapes du challenge a été plus importante, 65 % d’hommes contre 47 % de femmes.

Les hommes seraient-ils plus conscients de leur manque de connaissances sur le sujet ?

Mais alors comment éradiquer le sexisme au travail ? En commençant par reconnaître les situations mettant volontairement les femmes en position de faiblesse par rapport à leur collègues masculin. Pour mieux l’identifier, il s’agit de comprendre sa présence multiple et parfois subtile au sein du monde du travail. Le sexisme hostile plus connu est frontal et implique qu’une femme ne serait pas capable des mêmes compétences que l’homme.

On trouve les sexismes bienveillant et ordinaire dans les zones d’ombre des relations humaines au travail. Le sexisme bienveillant part souvent de “bonnes intentions”, teinté de paternalisme ou de galanterie excessive. On le note dans une simple question récurrente envers les femmes : “combiner un poste à hautes responsabilités à temps plein et projet de famille n’est pas trop difficile ?”. On questionne rarement les hommes sur ce sujet.

Quant au sexisme ordinaire, il se manifeste lors d’une remarque sur l’apparence vestimentaire d’une collaboratrice ou quand un homme coupe régulièrement la parole d’une collaboratrice lors de réunions. Il passe presque inaperçu, mais laisse des traces psychologiques chez l’objet de ce comportement. D’après une étude WIF, presque la moitié des femmes ont été témoins de commentaires sexistes au fil de leur carrière.

Dans le cadre du challenge 2Spark, nous avons constaté le faible niveau de connaissances du harcèlement au travail de la part des participants (hommes et femmes confondus). Une difficultée facilement surmontée par l’itération d’éléments clés pour déceler le sexisme. Puisque le taux d’appropriation initial de 56 % est rapidement passé à 89 % lors de la deuxième itération pour en arriver à 100 % de bonnes réponses à la troisième itération.

Augmenter la mixité en entreprise

D’après le classement établi par le Forum économique mondial de Davos (WEF), en 2017, la France serait passée de la 17e à la 11e place. Cependant, l’enquête de la Fondation des Femmes révèle que 62 % des femmes françaises pensent qu’il est plus difficile de trouver un travail qu’un homme. Cela sans compter le nombre de secteurs d’activité à forte dominance masculine comme l’ingénierie ou le numérique, dans ce dernier seulement 19 % de femmes occupent des emplois techniques.

Avec la mise en place de l’index d’égalité salariale, l’équité tout au long du parcours professionnel est cruciale. Le challenge 2Spark a révélé une très faible connaissance de l’inégalité des progressions de carrière entre femmes et hommes.

Il est venu le temps de briser le plafond de verre une bonne fois pour toute en assurant l’accessibilité des femmes à tous les niveaux de l’entreprise. De plus, non seulement nous devons en finir avec le manterrupting (la tendance des hommes à couper la parole aux femmes), mais aussi augmenter la visibilité des femmes dans l’organigramme.

L’étude de la Fondation de Femmes révèle que pour 8 sur 10 français, la venue au monde d’un enfant ralentit la progression professionnelle d’une femme. De plus, c’est lors de la période du congé maternité que l’écart salarial entre hommes et femmes se creuse davantage.

Le challenge 2Spark a permis de prendre compte des notions en rapport à la mixité qui peinent encore à être assimilées. Concrètement il engage les salariés d’une entreprise qui souhaite conduire un changement vers plus d’égalité femmes hommes au sein de ses équipes. Passer des bonnes intentions à la pratique commence par la bonne assimilation des informations clés qui aideront à initier un véritable changement dans les comportements au travail.

Une méthode performante pour booster la mixité

La solution 2Spark a pu constater que des progrès restaient à faire pour faire évoluer les mentalités et sensibiliser à la parité en entreprise. La répétition des questions, sous un format d’itération, a favorisé une meilleure appropriation des informations liées à l’égalité femmes – hommes au travail.

La preuve, les taux d’appropriation sont passés de 58 % à 91 % (toute population confondue) en quelques répétitions

Le mode entraînement, qui permet de s’exercer au quotidien de manière ludique, tandis que les retours terrain sont assurés par Alf, le chatbot. Un vrai succès puisque 100 % des personnes qui ont répondu au challenge recommandent le programme mixité de 2Spark. Les composants particulièrement appréciés sont le format court (43 %), le contenu (29 %) et la notion de challenge (29 %).

Il est essentiel de rappeler que le sexisme au travail n’est pas l’apanage des femmes, les hommes sont eux aussi concernés et touchés. De part son mode efficace et anonymisé l’outil 2Spark permet de s’adresser de manière équitable aux deux genres. Leurs efforts dans la construction du programme culminent en une approche efficace de mise en situation pour permettre aux participants de s’identifier et donc de mieux contextualiser les informations dans leur quotidien.

La transformation pour promouvoir la mixité au travail

La journée du 8 mars 2019 rappelle les chiffres édifiants de l’inégalité femmes hommes au sein du monde du travail. Les disparités restent importantes et l’index des inégalités salariales ne les rendra que plus flagrantes.

Comme nous avons pu l’observer, le manque de compréhension du sujet de la part des salariés gagne à être placé dans un projet de conduite du changement. L’outil 2Spark soutient la mixité en entreprise de manière à la fois scientifique et ludique par une méthode accessible et efficace.

Grâce aux sciences cognitives, la méthode engage les collaborateurs au quotidien sur des sujets complexes, tels que les écarts de salaires, la progression de carrière et le sexisme au travail, pour réduire les disparités, tant en termes de connaissances que salariales, et semer les graines de l’entreprise paritaire de demain.

Sources :

*Etude réalisée du 30 janvier au 1er février auprès de 1005 personnes majeures sur internet

**Le challenge 2Spark : « La Minute Mixité » a comptabilisé 158 participants

******L’index d’égalité femmes hommes est entré en vigueur le 01 Mars pour les entreprises d’au moins 1000 salariés. Il sera mis en place le 01 Septembre 2019 pour celles d’au moins 250 salariés

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Sources :

*Etude réalisée du 30 janvier au 1er février auprès de 1005 personnes majeures sur internet

**Le challenge 2Spark : « La Minute Mixité » a comptabilisé 158 participants

| Free-lance Community manager

Maï Trébuil
Rédactrice de contenus en freelance spécialisée dans la culture numérique, Maï pose son regard et sa plume sur l'évolution du monde du travail et les acteurs qui changent la donne. Pour 2Spark, elle plonge dans la transformation des entreprises et ses enjeux.